De nos jours, l’institution de Cours et Tribunaux est au fondement de toute société humaine. Car ceux-ci constituent un tiers social qui vient contrecarrer et détourner le désir de faire justice à  soi-même.

Le philosophe français Paul RICOEUR (1913 – 2005) exposait pour sa part que le premier geste du droit est le moment où l’on cesse de se faire justice à  soi-même pour se référer à un tiers.

Néanmoins, dans de multiples sociétés, la vengeance a été institutionnalisée : l’instrument de réparation des torts subis.

Dans l’Ancien Testament, la loi du Talion est d’ailleurs une tentative de rapprocher la vengeance de la justice, en faisant en sorte que la riposte infligée au coupable soit équivalente au dommage subi par la victime, et ne dépasse pas ce dommage de manière disproportionnée.

Dans la Grèce antique, la vengeance (la némésis) fut d’abord une idée morale. Elle devint ensuite une véritable divinité, Némésis, la déesse de l’équité, qui agissait chaque fois que la démesure des mortels (l’hybris) mettait l’équilibre de l’univers en danger.

Dans la mythologie grecque, Némésis est ainsi considérée comme la déesse de la Vengeance ou, plus précisément, de la Juste Colère : « la déesse de la justice distributive, qui châtie l’excès de bonheur ou d’orgueil » (Anatole BAILLY (1833 – 1911), L’Abrégé du dictionnaire grec-français, 1895).

Les sociétés féodales et aristocratiques quant à elles, sous des formes différentes, ont longtemps reposé sur un code de l’honneur qui obligeait l’aristocrate offensé à venger les affronts. Il y allait de sa réputation et de sa dignité, à ses propres yeux et aux yeux de ses pairs.

L’offense à l’honneur était donc la cause de nombreux duels.

Désormais, cette vengeance codifiée a disparu du monde occidental.